Selon eux, la communication officielle insiste surtout sur un risque « faible » pour la population générale et sur la nécessité d’un contact très étroit pour qu’une transmission se produise. Mais les chercheurs estiment qu’en présence d’incertitudes — surtout avec un virus potentiellement mortel — le principe de précaution devrait prévaloir .
Ils soulignent aussi que l’épisode du MV Hondius reste difficile à expliquer : on ne sait pas encore clairement où ni comment les passagers ont été infectés, ce qui complique l’évaluation du risque réel .
Traditionnellement, les hantavirus infectent l’être humain lorsqu’il inhale des particules virales provenant d’urine, de salive ou d’excréments de rongeurs, souvent remises en suspension dans l’air sous forme d’aérosols . L’inhalation est donc déjà au cœur de la biologie de ces virus.
L’Andes virus présente une particularité supplémentaire : des cas documentés de transmission entre humains ont été observés, généralement lors de contacts étroits et prolongés avec une personne malade .
Dans le contexte d’un navire de croisière, plusieurs facteurs pourraient théoriquement favoriser une propagation par aérosols à courte distance :
Pour l’instant, aucune preuve définitive ne confirme une transmission aérienne soutenue dans ce foyer. Les autorités sanitaires européennes et nord‑américaines continuent d’estimer que le risque global pour le public reste faible . Mais les scientifiques soulignent que l’absence de preuve ne signifie pas absence de risque.
L’OMS a répété que le risque mondial est faible, tout en reconnaissant que le risque pour les passagers et l’équipage du navire est modéré . Des responsables de l’organisation ont également déclaré que la transmission semble nécessiter un contact très étroit et prolongé
.
Cependant, les documents techniques et les recommandations opérationnelles utilisés par les autorités sanitaires incluent des mesures plus strictes, par exemple :
Ces recommandations, notamment celles du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), montrent que les autorités se préparent à un scénario plus prudent que celui suggéré par certains messages publics .
Face à ces incertitudes, plusieurs spécialistes appellent à renforcer immédiatement les protections respiratoires, en particulier pour les personnes les plus exposées.
Les mesures recommandées incluent :
Cette dernière peut être relativement longue : l’incubation de l’Andes virus peut atteindre plusieurs semaines, ce qui signifie que d’autres cas pourraient apparaître après les déplacements internationaux des passagers .
Malgré les inquiétudes, l’OMS indique qu’il n’existe aucun signe d’une épidémie plus large pour le moment, tout en reconnaissant que la situation pourrait évoluer en raison du délai d’incubation du virus .
Même si le nombre de cas reste limité, l’événement est suivi de près par les autorités sanitaires pour plusieurs raisons : la gravité potentielle de la maladie, l’absence de traitement antiviral spécifique et la dispersion internationale des personnes exposées après leur débarquement du navire .
Pour de nombreux chercheurs, cette épidémie sert aussi de test : elle pourrait déterminer comment les organisations internationales appliquent le principe de précaution face à un agent pathogène encore mal compris.