L’objectif serait d’exploiter des usines déjà existantes et partiellement inutilisées plutôt que de construire uniquement de nouvelles installations. Les discussions portent donc sur la reprise ou l’utilisation de capacités industrielles disponibles en Europe.
Cependant, plusieurs éléments restent inconnus : les termes des éventuels accords, les montants, les structures juridiques ou le calendrier ne sont pas confirmés dans les sources disponibles.
Un facteur majeur est la politique commerciale de l’Union européenne. Bruxelles a adopté des droits compensateurs sur les importations de voitures électriques fabriquées en Chine, applicables depuis le 30 octobre 2024.
Dans le cadre de cette enquête anti‑subventions, BYD s’est vu appliquer un taux provisoire d’environ 17,4 %, inférieur à celui de certains concurrents chinois mais néanmoins significatif pour les exportations vers l’Europe.
Produire des véhicules directement sur le continent permettrait donc à BYD :
Dans cette logique, l’entreprise cherche activement toute capacité industrielle disponible en Europe pour soutenir sa croissance sur ce marché.
Les informations disponibles évoquent des usines sous‑utilisées appartenant ou liées à Stellantis, mais aucun site précis n’a été officiellement confirmé dans les discussions avec BYD.
Certains rapports évoquent des installations dans des pays comme l’Italie parmi les options possibles.
Par ailleurs, Stellantis a déjà reconnu disposer d’un excès de capacité industrielle en Europe équivalant à plusieurs usines et envisager de vendre ou partager certains sites pour résoudre ce problème.
Parmi les sites évoqués dans différents scénarios industriels figurent par exemple Rennes en France, Cassino en Italie ou Madrid en Espagne — mais aucune preuve ne confirme qu’ils font partie des discussions avec BYD.
Ces discussions s’inscrivent dans une stratégie plus vaste d’expansion de BYD sur le continent européen.
Le constructeur chinois multiplie les initiatives pour y développer sa production. Il a déjà lancé ou planifié plusieurs projets industriels, notamment des usines en Hongrie et en Turquie destinées au marché européen.
L’idée est de combiner ventes croissantes en Europe et fabrication locale afin de gérer :
Utiliser des usines existantes permettrait en outre d’accélérer fortement le déploiement industriel, bien plus rapidement que la construction de nouvelles installations.
L’intérêt de BYD pour des usines européennes illustre une évolution plus large : les constructeurs chinois de véhicules électriques ne se contentent plus d’exporter vers l’Europe, ils cherchent désormais à produire directement sur le continent.
Si ces projets se concrétisent, cela pourrait accentuer la concurrence pour les constructeurs européens. Les marques chinoises pourraient alors vendre des modèles produits localement, potentiellement moins affectés par les barrières commerciales.
Du côté de Stellantis et d’autres groupes historiques, céder ou partager des usines pourrait aider à résoudre un problème d’excès de capacité industrielle. Mais cela reviendrait aussi à offrir une base de production européenne à des concurrents en forte croissance.
Pour l’instant, le dossier reste ouvert : les sources confirment des discussions et une stratégie claire, mais pas encore d’accord final ni de plan industriel précis.