Le budget spécial de défense réduit de Taïwan doit être lu comme un signal jaune, pas comme un feu rouge. Le Parlement taïwanais a bien approuvé un financement important pour des équipements militaires américains, mais sur une trajectoire plus étroite que celle défendue par le président Lai Ching-te. À Washington, la question n’est donc pas seulement comptable : elle touche à la confiance, au partage de l’effort de défense et à la capacité de Taipei à tenir ses promesses face à Pékin [1][
4].
Ce qui a changé à Taipei
Le plan initial de Lai Ching-te représentait environ 40 milliards de dollars. Il s’inscrivait dans son objectif de porter les dépenses de défense de Taïwan à 3,3 % du PIB en 2026, puis à 5 % d’ici 2030 [2]. Selon Brookings, ce budget devait financer l’acquisition de systèmes d’armes américains avancés, renforcer l’industrie de défense taïwanaise et accélérer le développement d’un réseau intégré de défense aérienne baptisé T-Dome [
2].
Le Global Taiwan Institute décrit ce dispositif comme un budget supplémentaire, pluriannuel, fonctionnant en parallèle du budget annuel ordinaire de défense de Taïwan . Autrement dit, il ne s’agissait pas d’une simple rallonge ponctuelle, mais d’un instrument destiné à accélérer la montée en puissance militaire de l’île.
