Pour Moderna, l’enjeu est de taille. L’entreprise cherche activement à diversifier ses sources de revenus, encore très dépendantes de son vaccin contre le Covid-19. Un vaccin contre la grippe saisonnière – une maladie récurrente qui touche des millions de personnes chaque année – représenterait un relais de croissance commercial considérable . Des données d’efficacité de Phase 3 positives et révisées par des pairs constituent l’argument le plus solide pour convaincre les autorités de santé (FDA aux États-Unis, EMA en Europe) et les marchés.
Parallèlement à cette nouvelle clinique, un autre événement a braqué les projecteurs sur Moderna : la médiatisation d’un foyer d’hantavirus sur un navire de croisière. Moderna a confirmé mener des recherches précoces sur un vaccin contre les hantavirus, en partenariat avec l’Institut de recherche médicale de l’armée américaine sur les maladies infectieuses (USAMRIID) et le Centre d’innovation vaccinale de l’Université de Corée, avec lequel une collaboration en R&D a débuté dès 2023 .
Cependant, il est essentiel de relativiser la portée de ces informations. Les travaux sur l’hantavirus sont décrits comme exploratoires, à un stade bien moins avancé que le programme grippe. De plus, des experts en santé publique ont publiquement minimisé le risque que cet incident isolé sur un bateau de croisière ne dégénère en une menace sanitaire plus large . L’enthousiasme boursier généré par cet épisode semble donc davantage relever de l’anticipation spéculative que d’une valorisation rationnelle d’un futur produit commercial.
En résumé, si les deux nouvelles ont pu contribuer à l’attention portée à Moderna ce jour-là, leur poids fondamental est très différent. Le vaccin contre la grippe est un actif en phase avancée, avec des données solides et un marché identifiable. Le vaccin contre l’hantavirus est un pari à long terme, encore très incertain.