Dans les soins palliatifs, la qualité de l’accompagnement ne concerne pas seulement le patient ou le résident. Elle concerne aussi l’équipe qui traverse, parfois de manière répétée, des situations de deuil, de peur, d’impuissance ou de détresse morale.
C’est là que le leadership serviteur — un style de leadership centré sur le soutien, l’écoute et le développement des collaborateurs — devient particulièrement pertinent. Il ne s’agit pas d’un management « doux » au sens vague du terme, mais d’une posture qui aide les soignants à parler plus tôt de leurs difficultés, à demander de l’aide et à se sentir légitimes lorsqu’ils expriment un malaise.
Ce que disent les données disponibles
Les travaux disponibles soutiennent le lien entre leadership serviteur, sécurité psychologique et prévention du burnout chez les infirmiers.
Une étude menée pendant la pandémie de COVID-19 a montré que le leadership serviteur et la sécurité psychologique présentaient une relation inverse avec le burnout des infirmiers : plus ces dimensions étaient présentes, plus le burnout tendait à être faible [3]. La même étude a également examiné le rôle de la sécurité psychologique comme mécanisme par lequel le leadership serviteur peut contribuer à réduire le burnout [
3].
Une revue exploratoire publiée en 2025 a, elle aussi, relevé une relation inverse constante entre sécurité psychologique et burnout chez les infirmiers. Elle identifie également le style de leadership, notamment le leadership serviteur, comme un facteur important pouvant influencer ces deux dimensions [1].
Une autre étude de 2025, menée auprès d’infirmiers en soins critiques, a trouvé une forte corrélation positive entre leadership serviteur et sécurité psychologique, et a conclu que le leadership serviteur était un prédicteur significatif de la sécurité psychologique . Une étude longitudinale a également analysé les relations entre leadership serviteur, sécurité psychologique, confiance envers le leader et burnout, ce qui renforce l’intérêt d’étudier ces liens dans la durée .
