Malgré cette hausse, Google affirme avoir réduit les émissions liées à l’énergie de ses centres de données de 12 % en 2024 par rapport à 2023.
Cette amélioration s’explique surtout par l’arrivée en service de nouveaux projets d’énergie propre et par des contrats d’achat d’électricité à long terme qui alimentent les réseaux où se trouvent ses installations.
La stratégie 2030 de Google repose sur une idée simple mais exigeante : l’électricité consommée doit être compensée au moment précis où elle est utilisée.
De nombreuses entreprises affirment fonctionner avec 100 % d’énergie renouvelable parce qu’elles achètent, sur l’année, suffisamment d’électricité verte ou de certificats pour couvrir leur consommation totale.
Mais dans la pratique, l’électricité utilisée à un instant donné peut encore provenir de centrales à charbon ou à gaz sur le réseau.
La production solaire ou éolienne pendant certaines heures peut ainsi compenser l’électricité fossile utilisée à d’autres moments.
Google veut aller plus loin en alignant la consommation d’électricité avec une production sans carbone chaque heure et dans chaque région de réseau où l’entreprise opère.
Cette exigence change profondément la stratégie énergétique :
Pour y parvenir, Google investit dans un mix énergétique plus large incluant stockage d’énergie, géothermie, nucléaire avancé et gestion flexible des centres de données.
Plusieurs indicateurs récents suggèrent que Google continue d’étendre ses approvisionnements en énergie propre malgré l’augmentation de la demande liée à l’IA.
Google fait partie des plus grands acheteurs privés d’électricité propre au monde. Entre 2010 et 2024, l’entreprise a signé plus de 170 accords représentant plus de 22 gigawatts de capacité de production d’énergie propre à l’échelle mondiale.
Selon les rapports environnementaux de l’entreprise, plus de 25 projets d’énergie propre ont commencé à produire en 2024, ajoutant environ 2,5 GW de capacité aux réseaux alimentant ses opérations.
Ces nouvelles installations ont joué un rôle important dans la baisse des émissions des centres de données, malgré la hausse de la consommation électrique.
Google continue également de signer des accords d’achat d’électricité pour sécuriser l’énergie nécessaire à ses infrastructures d’IA.
Par exemple, un ensemble de contrats avec le développeur énergétique Clearway devrait fournir près de 1,2 GW d’électricité sans carbone provenant de projets dans le Missouri, au Texas et en Virginie‑Occidentale pour alimenter des centres de données.
Pour suivre sa trajectoire, Google utilise un indicateur appelé pourcentage d’énergie sans carbone (Carbon‑Free Energy, CFE).
Les données récentes indiquent que l’entreprise atteint environ 66 % d’énergie sans carbone heure par heure à l’échelle de ses opérations, certaines régions dépassant les 80 %.
Cela montre des progrès significatifs, même si une grande partie du chemin reste à parcourir avant 2030.
Acheter de l’énergie propre ne suffit pas. Google modifie aussi la façon dont ses infrastructures interagissent avec les réseaux électriques.
Une approche consiste à utiliser le « carbon‑aware computing », qui déplace certaines tâches informatiques vers les moments ou les lieux où l’électricité est plus propre.
Les centres de données peuvent également participer à des mécanismes de réponse à la demande, en réduisant ou en décalant temporairement leur consommation lorsque le réseau est sous tension ou dépend davantage des énergies fossiles.
L’efficacité énergétique joue aussi un rôle majeur. Des recherches de Google montrent que certaines combinaisons de techniques d’entraînement et d’optimisations d’infrastructure peuvent réduire l’énergie nécessaire pour entraîner un modèle d’IA jusqu’à 100 fois et les émissions associées jusqu’à 1 000 fois dans certains cas.
La stratégie climatique de Google ne se limite pas à ses propres centres de données.
En mai 2026, Google DeepMind a lancé en Asie‑Pacifique un programme d’accélération appelé « AI for the Planet ».
Ce programme de trois mois soutient des startups, ONG et équipes de recherche qui utilisent l’IA pour résoudre des défis environnementaux. Les participants reçoivent du mentorat et un accès aux modèles d’IA avancés de Google.
Les projets peuvent concerner :
L’idée est que l’IA ne doit pas seulement être alimentée par une énergie plus propre : elle peut aussi devenir un outil pour accélérer les solutions climatiques dans de nombreux secteurs.
L’objectif de Google d’atteindre une énergie sans carbone 24/7 d’ici 2030 marque un changement majeur dans la façon dont les grandes entreprises technologiques abordent leur consommation d’électricité.
Au lieu de compenser les émissions sur une base annuelle, l’entreprise cherche à aligner chaque heure de consommation avec une production d’électricité sans carbone, dans chaque réseau où elle opère.
La demande énergétique de l’IA continue d’augmenter rapidement, mais les données récentes montrent que Google parvient pour l’instant à réduire les émissions de ses centres de données grâce à de nouveaux projets d’énergie propre, des contrats d’approvisionnement à long terme et des gains d’efficacité.
Reste à voir si l’entreprise réussira à atteindre une correspondance horaire complète d’ici 2030 — mais son approche influence déjà la façon dont l’industrie du cloud et des centres de données pense l’énergie de la prochaine génération d’infrastructures d’IA.