Les nouvelles fonctionnalités permettent désormais aux entreprises de garder les éléments critiques de ces workflows dans leur propre environnement technique.
Pour de nombreuses organisations — notamment dans la finance, la santé ou le juridique — il est souvent impossible de transférer des données sensibles ou des outils internes vers une infrastructure externe. Les nouvelles options de déploiement cherchent à lever cet obstacle majeur à l’adoption des agents IA.
La première innovation est la sandbox auto‑hébergée, disponible en version bêta publique.
Une sandbox est l’environnement dans lequel un agent exécute du code, modifie des fichiers ou interagit avec des outils. Avec cette nouvelle approche, l’entreprise peut héberger cet environnement dans sa propre infrastructure, plutôt que dans un runtime externe.
Concrètement :
Les sandboxes peuvent être hébergées directement par l’organisation ou via des fournisseurs d’infrastructure comme Cloudflare, Daytona, Modal ou Vercel, qui proposent des environnements isolés pour l’exécution des agents.
Pour les secteurs soumis à de fortes contraintes réglementaires, cette architecture rend les agents autonomes beaucoup plus acceptables du point de vue de la sécurité et de la conformité.
Anthropic introduit également les tunnels MCP (Model Context Protocol), actuellement en phase de préversion de recherche. Leur rôle : permettre aux agents Claude d’accéder à des ressources internes sans exposer ces systèmes sur internet.
Ces tunnels relient les Claude Managed Agents à des serveurs MCP privés, via lesquels les entreprises peuvent fournir un accès contrôlé à des ressources internes — par exemple :
La connexion passe par une couche de routage sécurisée plutôt que par une ouverture directe au web public. Les agents peuvent donc agir sur des systèmes internes tout en respectant les mécanismes d’authentification et les frontières réseau existantes.
Associés aux sandboxes auto‑hébergées, ces tunnels permettent de conserver l’exécution des agents et l’accès aux systèmes critiques entièrement dans le réseau de confiance de l’entreprise.
Le modèle d’Anthropic sépare en pratique deux parties du système :
Cette architecture hybride permet aux entreprises d’utiliser des modèles d’IA avancés tout en conservant le contrôle sur l’endroit où les opérations sont exécutées et sur la manière dont les systèmes internes sont utilisés.
Anthropic a également annoncé une alliance stratégique mondiale avec KPMG, l’un des plus grands cabinets de conseil et d’audit au monde.
Claude sera intégré à KPMG Digital Gateway, la plateforme que le cabinet utilise pour ses services aux clients et ses opérations internes. Les premiers cas d’usage concernent notamment les activités fiscales, juridiques et le conseil auprès de sociétés de capital‑investissement.
Le déploiement comprend :
Pour Anthropic, ce type d’accord ne représente pas seulement un client majeur : il crée aussi un canal de distribution vers les entreprises clientes du cabinet de conseil.
Les premières vagues de compétition dans l’IA se concentraient surtout sur la performance des modèles. Aujourd’hui, pour les entreprises, la différence se joue de plus en plus sur l’architecture de déploiement.
Les grandes organisations posent désormais des questions très concrètes :
Les sandboxes auto‑hébergées et les tunnels MCP répondent directement à ces préoccupations. Et avec des alliances comme celle conclue avec KPMG, Anthropic montre que la bataille pour l’IA d’entreprise se joue désormais autant sur la sécurité, la gouvernance et l’intégration que sur la puissance des modèles eux‑mêmes.
À terme, la question ne sera peut‑être plus seulement de savoir quel modèle est le plus performant — mais quelle plateforme peut fonctionner en toute sécurité au cœur des environnements d’entreprise les plus sensibles.
Comments
0 comments