Ces accusations ne tombent pas du ciel. Depuis l'instauration de ce cessez-le-feu, Téhéran accuse régulièrement Washington de le piétiner. Un schéma s'est installé : dès le 7 mai, le quartier général opérationnel de l'armée iranienne dénonçait déjà des violations américaines suite à des frappes sur des navires dans le détroit et sur différents sites de la province d'Hormozgan .
Parallèlement à la joute diplomatique, l'Iran a affirmé être passé à l'action. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) revendique avoir abattu un drone américain de type Reaper et avoir ouvert le feu sur un avion de combat furtif F-35 qui aurait pénétré dans son espace aérien lors de ces raids . Bien que ces allégations soient difficiles à vérifier de manière indépendante, elles servent un message politique clair : l'Iran ne se laissera pas bombarder sans broncher.
Le CGRI a également publié un avertissement solennel, déclarant « tenir pour légitime et certain son droit à une riposte réciproque » face à toute future violation du cessez-le-feu . Une phraséologie qui ne laisse guère de place à l'ambiguïté.
Bien avant les frappes du 26 mai, l'Iran avait déjà détaillé le spectre de ses représailles. Fin avril, des figures de proue du régime, dont des hauts gradés du CGRI, menaçaient publiquement de répondre à toute nouvelle attaque, même limitée, par des « frappes longues et douloureuses » sur l'ensemble des positions américaines au Moyen-Orient . Cette menace est indissociable d'un autre message : Téhéran a réaffirmé avec force sa mainmise sur le détroit d'Ormuz, ce goulet par où transitait autrefois 20 % du pétrole mondial
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Cette posture complique directement une exigence clé des États-Unis : la réouverture complète de la voie maritime. L'Iran maintient de facto le détroit fermé en riposte au blocus naval américain qui étrangle ses exportations pétrolières, bouée de sauvetage économique du pays. Même dans l'hypothèse d'un accord, les Gardiens de la Révolution ont prévenu que « le détroit d'Ormuz resterait sous gestion iranienne » . Ces menaces ne sont pas des paroles en l'air. Depuis le début de la guerre le 28 février, l'Iran a démontré sa capacité de frappe à longue portée, visant ambassades, bases militaires et infrastructures pétrolières, y compris des navires dans le détroit d'Ormuz, au moyen de missiles et de drones
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La trêve négociée en avril n'existe aujourd'hui plus que sur le papier. Américains et Iraniens justifient chacun leurs opérations militaires comme des actes « défensifs » ou « d'autodéfense », mais le résultat est le même : le cessez-le-feu est violé de façon répétée et qualifié de « fragile » et de « ténu » par tous les observateurs .
Les pourparlers de paix menés sous la médiation du Pakistan n'ont pas permis de sortir de l'impasse. Le 10 mai, l'Iran a posé ses conditions, insistant pour que les négociations visent une fin de la guerre « sur tous les fronts », y compris au Liban, et la sécurisation des voies de navigation . Washington, de son côté, exige toujours la réouverture totale du détroit d'Ormuz et un démantèlement du programme nucléaire iranien. Le président Trump menace régulièrement de reprendre les bombardements à grande échelle si aucun accord n'est trouvé
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Les frappes du 25-26 mai ont fini d'empoisonner l'atmosphère diplomatique. Avec un cessez-le-feu piétiné, une menace explicite de « frappes longues et douloureuses » contre les forces américaines, et des positions qui se radicalisent de part et d'autre — en particulier sur le contrôle du détroit d'Ormuz — le risque d'un retour à une guerre ouverte n'a jamais été aussi concret. La voie diplomatique est sous une pression extrême, et la fenêtre pour un règlement négocié se réduit à mesure que les deux nations préparent leurs prochaines ripostes militaires.