La demande était déjà exceptionnelle avant même l’ouverture du marché. Selon plusieurs rapports, le carnet d’ordres de l’IPO aurait été plus de 20 fois sursouscrit, ce qui signifie que les investisseurs ont demandé bien plus d’actions que celles réellement disponibles.
Dans ce type de situation, plusieurs mécanismes entrent en jeu :
Le bond du premier jour ne reflète donc pas seulement la confiance dans Cerebras, mais aussi la rareté des entreprises purement centrées sur les puces d’IA cotées en Bourse.
Pour de nombreux analystes, l’IPO de Cerebras sert de baromètre de l’appétit des investisseurs pour l’IA. Après la domination de géants comme Nvidia, les marchés cherchent désormais les prochaines entreprises capables de fournir les infrastructures nécessaires aux modèles d’IA toujours plus gourmands en calcul.
Deux tendances ressortent clairement :
Cependant, une sursouscription importante ne signifie pas forcément que les investisseurs sont d’accord sur la valeur réelle de l’entreprise à long terme — elle indique simplement que la demande au prix d’IPO était très supérieure à l’offre.
Le contexte boursier a également joué un rôle. Les marchés américains ont récemment retrouvé des niveaux historiques, avec un S&P 500 dépassant pour la première fois le seuil des 7 000 points dans un rallye porté par les valeurs technologiques.
Ce rebond est intervenu malgré les inquiétudes géopolitiques liées au conflit impliquant l’Iran. Les investisseurs semblent avoir regardé au‑delà de ces risques à court terme pour se concentrer sur les perspectives de croissance et les résultats des entreprises technologiques.
Dans un marché déjà optimiste, une IPO très médiatisée dans le secteur de l’IA avait donc toutes les chances d’attirer d’importants capitaux.
L’enthousiasme pour l’IA contraste fortement avec les difficultés rencontrées dans certaines industries traditionnelles.
Le constructeur japonais Honda, par exemple, a annoncé une perte nette d’environ 2,7 milliards de dollars pour l’exercice 2025, la première depuis son introduction en Bourse en 1957, en grande partie à cause des coûts liés à la restructuration de sa stratégie de véhicules électriques.
Cette comparaison illustre une tendance plus large du marché :
La hausse spectaculaire du premier jour résulte de la convergence de trois facteurs :
Reste maintenant la question centrale : l’euphorie du marché peut propulser une introduction en Bourse, mais la valeur à long terme dépendra surtout de la capacité de Cerebras à transformer le boom de l’IA en revenus et profits durables.