L’accord renforce aussi une relation industrielle ancienne entre les deux entreprises. Markus Heyn, responsable de la division Bosch Mobility, a souligné que ce projet illustre la capacité de Bosch à participer à des programmes automobiles particulièrement exigeants sur le plan technologique .
Le timing de cet accord est intéressant car Mercedes‑Benz a récemment assoupli certains objectifs d’électrification.
En 2021, le constructeur avait annoncé vouloir être prêt à passer au tout‑électrique d’ici la fin de la décennie « là où les conditions de marché le permettent », avec plus de 40 milliards d’euros d’investissements dans les véhicules électriques et de nouvelles plateformes dédiées à partir de 2025 .
Mais l’adoption des EV s’est révélée plus irrégulière que prévu dans certains segments, notamment le luxe. Mercedes estime désormais que les véhicules électriques et hybrides rechargeables représenteront environ 50 % de ses ventes en 2030, un objectif initialement visé pour 2025 .
Le constructeur a également indiqué qu’il continuera à produire des véhicules à moteur thermique jusque dans les années 2030 là où la demande reste forte .
Dans ce contexte, le contrat avec Bosch illustre une approche plus flexible : Mercedes ralentit certains calendriers, mais continue de construire l’infrastructure industrielle nécessaire pour ses futures plateformes électriques.
Pour Bosch — considéré comme le plus grand équipementier automobile mondial — cet accord renforce sa position dans un segment clé de la chaîne de valeur de l’électrique.
À mesure que l’industrie abandonne progressivement les moteurs thermiques, de nombreux composants traditionnels disparaissent. Les moteurs électriques, l’électronique de puissance et les systèmes de batterie deviennent donc les nouvelles sources majeures de revenus pour les équipementiers.
Un contrat de longue durée avec un constructeur premium comme Mercedes offre plusieurs avantages :
Cet aspect est particulièrement important alors que les fournisseurs automobiles évoluent dans un contexte économique tendu. Bosch a lui‑même évoqué une concurrence accrue et des conditions de marché difficiles, avec une reprise incertaine avant 2027 .
L’accord avec Mercedes s’inscrit dans une stratégie plus large chez Bosch : investir dans plusieurs technologies de mobilité bas carbone plutôt que parier sur une seule solution.
L’entreprise développe notamment :
Parallèlement, Bosch investit fortement dans l’hydrogène et les piles à combustible. L’entreprise produit déjà des modules de pile à combustible pour les poids lourds et d’autres applications . Elle travaille aussi sur les infrastructures de l’économie de l’hydrogène, notamment des systèmes d’électrolyse pour produire ce carburant propre
.
Cette stratégie reflète l’idée que la mobilité future pourrait combiner plusieurs technologies : batteries, hybrides et hydrogène, selon les segments de véhicules et les régions du monde .
Le partenariat Bosch–Mercedes reflète une tendance plus large dans le secteur.
Au début des années 2020, de nombreux constructeurs annonçaient des calendriers d’électrification très rapides. Mais la réalité du marché — coûts élevés, adoption inégale selon les régions et pression sur la rentabilité — pousse aujourd’hui plusieurs groupes à adopter une transition plus progressive.
L’accord sur les moteurs électriques illustre cette nouvelle phase : les constructeurs ne renoncent pas aux véhicules électriques, mais ils cherchent à sécuriser les technologies clés sur le long terme tout en adaptant la cadence au marché.
Pour Mercedes, cela signifie continuer à préparer les véhicules électriques de la prochaine décennie. Pour Bosch, c’est l’occasion de transformer la transition énergétique de l’automobile en partenariats industriels durables jusque dans les années 2030.
Comments
0 comments