Le 19 mai 2026, les Mossos d’Esquadra – la police catalane – interpellent Jonathan Andic (45 ans) à son domicile . Il est présenté le jour même à une juge de Martorell, commune de la périphérie barcelonaise. Le tribunal fixe une caution d’un million d’euros, lui confisque son passeport, lui interdit de quitter le territoire espagnol et l’astreint à pointer une fois par semaine
. Il est libéré après avoir versé cette somme.
Dans son ordonnance, rendue publique après l’audience, la juge Raquel Nieto Galván estime qu’il existe des éléments suffisants pour considérer que la mort d’Isak Andic « pourrait ne pas avoir été accidentelle » et que Jonathan Andic y a pris une part « active et préméditée » .
Le 26 mai 2026, le vice‑président de Mango informe ses équipes qu’il se met en congé temporaire. Dans son message, il qualifie les accusations dont il fait l’objet de « plus graves, injustes et infondées qu’un individu puisse jamais subir » et explique avoir besoin de se consacrer entièrement à prouver son innocence . Il conserve son siège au conseil d’administration, où il demeure l’unique représentant de la famille Andic, mais sans aucun pouvoir exécutif. Son avenir dans l’entreprise demeure incertain
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L’ordonnance de la juge détaille plusieurs catégories d’éléments qui ont conduit à requalifier le dossier d’accident mortel en instruction pour homicide volontaire. Ils constituent l’épine dorsale de l’accusation .
D’après plusieurs sources concordantes, Jonathan Andic nourrissait un ressentiment d’ordre financier à l’égard de son père . L’ordonnance évoque expressément une « rancœur financière » comme mobile possible
. Cette tension plonge ses racines dans un conflit familial ancien autour de la succession et du contrôle de la fortune de Mango
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Les actes de procédure font état d’une relation père‑fils qui se dégradait depuis des années . Le journal El País rapporte que le conflit a atteint un paroxysme dès 2015, quand Isak Andic a reproché à son fils de laisser l’entreprise perdre « son essence » et de négliger la relation client
. Des désaccords professionnels et personnels, comme l’opposition présumée d’Isak à un projet de mariage, ont encore complexifié une dynamique familiale déjà lourde
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L’un des éléments les plus compromettants concerne les déplacements de Jonathan Andic avant la randonnée fatidique. Le fils du fondateur avait indiqué aux enquêteurs s’être rendu sur la crête de Montserrat environ quinze jours avant les faits . Or, des relevés de géolocalisation de son téléphone et de son véhicule le situeraient sur place dès les 7, 8 et 10 décembre 2024, soit à quelques jours du drame survenu le 14 décembre
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Pour la juge, ces visites répétées constituent un indice de « planification préalable » et d’une « étude des lieux », éléments qui étayent l’hypothèse d’une préméditation .
L’examen médico‑légal pratiqué sur Isak Andic « écarte pratiquement l’hypothèse d’une glissade ou d’une chute accidentelle », peut‑on lire dans l’ordonnance . La nature des blessures et la dynamique d’une chute de plus de 100 mètres seraient, selon l’appréciation de la juge, incompatibles avec un simple accident de randonnée
. Cette pièce médicale a été décisive pour faire basculer le dossier en dehors du cadre accidentel initial.
Seul témoin du décès, Jonathan Andic a livré aux secours et aux enquêteurs des déclarations qui, toujours selon l’ordonnance, se sont révélées contradictoires : l’endroit précis de la chute de son père, ce qu’il faisait lui‑même à cet instant critique, l’enchaînement des faits sur le sentier . Ces incohérences ont été retenues comme un indice supplémentaire de son implication
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Au‑delà des pièces déjà citées dans l’ordonnance, plusieurs médias rapportent des comportements jugés suspects. France 24 indique notamment que Jonathan Andic a changé de téléphone portable en mars 2025, alléguant que le précédent lui avait été volé lors d’un séjour éclair en Équateur – et que les données de cet appareil ont été effacées . Les investigations se poursuivent parallèlement sur les communications et les flux financiers.
L’instruction reste ouverte sous le contrôle de la justice espagnole, et aucune décision définitive n’a encore été rendue. Jonathan Andic bénéficie de la présomption d’innocence, et ses avocats contestent vigoureusement les éléments rassemblés par l’accusation, qu’ils qualifient de « sans fondement » .
Du côté de Mango, l’une des plus grandes enseignes de mode en Espagne, cette affaire constitue un véritable défi de gouvernance. Avec le retrait de Jonathan Andic, le conseil d’administration doit composer avec l’incertitude d’une enquête criminelle planant au‑dessus de la famille fondatrice. Le patronyme Andic demeure présent au conseil puisque l’héritier conserve un poste d’administrateur non exécutif, mais ses responsabilités opérationnelles sont désormais suspendues pour une durée indéterminée .
Au fil de la procédure, la justice espagnole tranchera si ce drame de montagne relevait d’une simple issue tragique – ou d’un geste bien plus intentionnel.