Au sommet Invest in Germany, organisé à Berlin les 19 et 20 octobre 2026, Friedrich Merz et le PDG de Nvidia, Jensen Huang, ont défendu une idée : l’intelligence artificielle pourrait rendre l’industrie allemande plus productive et plus attrayante pour les investisseurs. Environ 200 dirigeants d’entreprise étaient réunis pour l’événement.
2
L’ambition est de s’appuyer sur les compétences existantes du pays, plutôt que de présenter l’IA comme un substitut à la fabrication. Les annonces dessinent une stratégie d’investissement ; elles ne démontrent pas que l’économie allemande a déjà renoué avec la croissance.
2
6
11
Appliquer l’IA au monde physique
Jensen Huang a décrit la prochaine étape de l’IA comme une technologie qui agit dans le monde réel : robotique, usines, automobile et industrie lourde. Selon lui, les outils numériques doivent renforcer les capacités des industriels, et non remplacer les métiers de la fabrication et de l’ingénierie.
8
25
L’enjeu, dans cette approche, est de combiner l’expertise industrielle allemande avec de nouveaux outils d’IA. Les données et le savoir-faire accumulés dans les entreprises pourraient ainsi servir à développer des applications pour les usines et les machines.
8
Un accord annoncé, mais encore peu détaillé
Au sommet, les ministères allemands de l’Économie et de la Recherche ont signé avec Nvidia une déclaration d’intention commune. Elle prévoit de faire avancer une initiative consacrée au développement de modèles d’IA physique, c’est-à-dire d’IA conçue pour interagir avec des systèmes réels.
11
Le communiqué officiel ne donne toutefois ni montant de financement ni calendrier détaillé de mise en œuvre.
11 Avant le sommet, des informations de presse évoquaient des investissements publics de plusieurs centaines de millions d’euros. Ce chiffre rapporté n’a pas été confirmé dans l’annonce des ministères.
24
Merz appelle aussi les petites entreprises à s’y mettre
Friedrich Merz a exhorté les entreprises à « ouvrir leurs portes à l’IA ». Son appel s’adressait aussi aux petites et moyennes entreprises, afin que l’adoption de ces outils dépasse les seuls grands groupes et gagne des secteurs comme la fabrication, les machines et l’automobile.
3
9
Nvidia a par ailleurs cité Agile Robots, Avelios Medical, Mirelo et Reflex Aerospace comme entreprises visées par de nouveaux investissements. Ceux-ci s’inscrivent dans un engagement de près de 10 milliards de dollars en faveur de l’écosystème européen de l’IA : il ne s’agit pas d’un investissement de cette ampleur en Allemagne seulement.
3
La promesse de productivité reste à vérifier
L’argument économique repose sur la possibilité que l’IA améliore la productivité et la compétitivité des entreprises industrielles allemandes. À titre d’exemple distinct, Siemens a indiqué vouloir faire passer le niveau d’automatisation de ses usines de 30–40 % à 70–80 %. Son dirigeant Cedrik Neike a également estimé que l’automatisation pouvait contribuer à préserver des emplois industriels dans les pays où les salaires sont élevés.
17 Il s’agit d’un objectif de Siemens, pas d’un résultat du partenariat entre le gouvernement et Nvidia.
Le sommet a réuni des dirigeants d’entreprise, mais les annonces disponibles ne permettent pas d’établir qu’il a déjà déclenché des investissements à grande échelle ou inversé la faiblesse de la croissance. Michael Hüther, directeur de l’Institut économique allemand, a lui aussi mis en garde contre des attentes excessives.
2
32 La suite dépendra de projets effectivement financés, d’une adoption plus large de l’IA par les entreprises et de gains industriels mesurables.