Chaque soubresaut du prix du brut a été dicté par le sort du détroit d’Ormuz, quasiment paralysé par le conflit. Un accord qui le rouvrirait libérerait une offre abondante ; tout revers menaçait, au contraire, d’aggraver les perturbations.
| Date | Variation | Niveau du Brent | Événement déclencheur |
|---|---|---|---|
| 6 mai | -7 % | ~102,35 $ | Informations sur un projet d’accord en 14 points ; l’Iran évoque la réouverture d’Ormuz |
| 21 mai | +3 % | ~108,09 $ | Rapport Reuters sur l’ordre de Khamenei de conserver l’uranium dans le pays |
| 22 mai | +0,94 % | 103,54 $ | Doutes persistants quant à la normalisation du trafic maritime dans le détroit |
| 24 mai | -7 % (en séance) | ~96,30 $ | Optimisme croissant sur un possible accord de paix |
Fin mai, les deux gouvernements minimisaient encore la perspective d’une percée imminente, mais les salles de marché intégraient déjà la possibilité d’un mémorandum d’entente .
Parmi les valeurs individuelles, Delivery Hero a crevé l’écran. Ce géant allemand de la livraison de repas, très exposé au Moyen-Orient via sa filiale Talabat, est ultrasensible à la stabilité régionale. Début mars, l’escalade des tensions avait fait plonger l’action de 7,6 % à un plus bas de huit mois . Fin mai, le scénario s’est totalement inversé.
Mais cette flambée n’est pas purement géopolitique. Le même jour, la presse révélait qu’Uber réfléchissait à une offre de rachat de 11,6 milliards de dollars. Delivery Hero a confirmé avoir reçu une proposition à 33 € par action, valorisant l’entreprise à plus de 10 milliards d’euros . Fin mai, le titre affichait une hausse d’environ 66 % depuis le début de l’année .
Pour les actions européennes, le marché pétrolier et une valeur allemande portée par une fièvre spéculative, la leçon de mai 2026 est limpide : quand le détroit d’Ormuz est dans la balance, c’est la diplomatie qui fait la pluie et le beau temps sur les marchés.