L’impact sur les indices est disproportionné. Selon des stratèges de marché, les entreprises liées au calcul pour l’IA et à l’infrastructure technologique ont généré plus des deux tiers des gains du STOXX Europe 600 depuis avril, alors qu’elles ne représentent qu’une part relativement limitée de l’indice.
Cela explique pourquoi les marchés européens peuvent sembler résistants même lorsque les données économiques se détériorent.
ASML, entreprise néerlandaise, occupe une position stratégique dans l’industrie mondiale des semi‑conducteurs. Elle fabrique les machines de lithographie extrêmement avancées nécessaires pour produire les puces les plus performantes utilisées dans les systèmes d’intelligence artificielle.
La demande pour ces équipements a fortement augmenté à mesure que les grandes entreprises technologiques développent leurs centres de données et augmentent la production de puces dédiées à l’IA. Cette dynamique a fait d’ASML l’une des actions technologiques les plus influentes d’Europe.
Son poids important dans l’indice STOXX Europe 600 renforce encore son influence sur la performance globale du marché.
Le fabricant de puces STMicroelectronics bénéficie également de la croissance structurelle du matériel informatique lié à l’IA. L’entreprise fournit des composants utilisés dans de nombreux domaines : informatique, automatisation industrielle ou infrastructures de centres de données.
Même si les fluctuations quotidiennes du cours peuvent varier, les investisseurs continuent généralement d’associer STMicroelectronics au thème de l’IA et à la demande croissante en puissance de calcul et en électronique avancée.
L’intelligence artificielle nécessite une capacité de calcul gigantesque — et donc énormément d’électricité. Schneider Electric est spécialisé dans la gestion de l’énergie, les systèmes électriques et l’automatisation industrielle.
À mesure que les opérateurs de centres de données développent leurs infrastructures pour supporter les charges de travail liées à l’IA, les entreprises fournissant des systèmes d’alimentation, de refroidissement et de gestion énergétique deviennent des acteurs clés du cycle d’investissement. Schneider Electric fait régulièrement partie des entreprises européennes mises en avant dans cette tendance.
Prysmian, connu pour ses câbles électriques et télécoms, est souvent associé aux investissements dans les infrastructures d’énergie et de réseaux. Cependant, les sources disponibles ne confirment pas clairement son rôle spécifique dans la hausse actuelle liée à l’IA.
Lorsque Prysmian est lié à ce thème, c’est généralement via l’expansion des réseaux électriques et des connexions nécessaires aux centres de données — mais ce lien précis n’est pas directement documenté dans les sources citées ici.
La divergence entre marchés financiers et économie réelle n’est pas inhabituelle. Les indices boursiers reflètent avant tout les anticipations de profits futurs plutôt que la situation économique actuelle.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation en Europe :
Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques dressent un tableau beaucoup plus sombre. Les données PMI montrent une contraction de l’activité, un ralentissement industriel et des coûts en hausse liés notamment aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques. L’indice PMI manufacturier de la zone euro est par exemple tombé à 51,4 en mai, signalant un ralentissement de la croissance industrielle.
La situation actuelle illustre un changement structurel dans les marchés boursiers. Les hausses ne sont plus réparties de manière homogène entre les secteurs, mais se concentrent de plus en plus autour de technologies transformantes comme l’intelligence artificielle.
En Europe, cela signifie que les fournisseurs de semi‑conducteurs, les fabricants d’équipements pour puces et les entreprises d’infrastructure électrique deviennent le principal moteur de la performance boursière — même lorsque l’économie régionale montre des signes de faiblesse.
La question pour les mois à venir sera de savoir si cette divergence peut durer. Tout dépendra à la fois de la solidité du cycle d’investissement mondial dans l’IA et de l’évolution de la conjoncture économique en Europe.