Sur le second point, les preuves publiques sont plus limitées. Plusieurs médias ont ensuite résumé un article du Wall Street Journal affirmant que les Émirats arabes unis avaient mené des frappes clandestines en Iran, notamment contre la raffinerie de Lavan . Ces articles ajoutent que les Émirats n’ont pas publiquement reconnu l’opération
.
L’incertitude centrale porte donc sur l’attribution. Les premiers récits iraniens parlaient d’une attaque ennemie, sans nommer l’assaillant . L’attribution aux Émirats vient ensuite d’articles de presse citant des personnes proches du dossier, et non d’une déclaration publique du gouvernement émirati
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Cette nuance est importante. Une opération clandestine ou déniable peut avoir un poids stratégique réel, mais elle ne crée pas le même fait diplomatique qu’une frappe revendiquée. À ce stade, les sources disponibles ne permettent pas d’établir publiquement les détails opérationnels, la chaîne de décision ni la justification officielle qu’aurait avancée Abou Dhabi.
Lavan n’est pas seulement un symbole. C’est une île du golfe Persique qui abrite une raffinerie, dont NIORDC évalue la capacité à 55 000 barils par jour . Une frappe contre ce type de site fait sortir l’affrontement du seul champ des bases militaires, des rampes de lancement ou des défenses aériennes : elle touche directement les infrastructures énergétiques.
Le calendrier rend l’épisode encore plus sensible. Selon NIORDC, l’attaque est survenue quelques heures après l’annonce par Washington et Téhéran d’un cessez-le-feu de deux semaines destiné à finaliser un accord de paix . Même si l’auteur reste contesté, une frappe contre une raffinerie iranienne dans une fenêtre de cessez-le-feu affaiblit la confiance dans l’idée d’une véritable désescalade.
Si l’attribution aux Émirats arabes unis se confirmait, le changement stratégique serait majeur. Des articles ont présenté les Émirats comme passant du statut de cible d’attaques iraniennes à celui d’acteur prêt à frapper directement des infrastructures iraniennes . Le Jerusalem Post, résumant les mêmes informations, a écrit que les Émirats auraient agi secrètement en réponse à des attaques iraniennes visant des infrastructures civiles et énergétiques émiraties
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Cela suggérerait un modèle de dissuasion plus offensif dans le Golfe : non plus seulement intercepter des missiles et des drones, mais éventuellement riposter à l’intérieur du territoire iranien. Cela montrerait aussi que des États du Golfe dotés de systèmes de défense aérienne et antimissile avancés, fournis par l’Occident, pourraient associer capacités défensives et action offensive lorsque des infrastructures critiques sont menacées .
Les événements autour du 8 avril montrent à quelle vitesse une frappe contre une raffinerie peut s’inscrire dans un échange régional plus large. Le même jour, les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs défenses aériennes tiraient contre une salve de missiles iraniens entrants . Le Koweït a également signalé des attaques iraniennes, avec des dégâts rapportés sur des installations électriques, de dessalement et pétrolières
. Le Jerusalem Post a ensuite rapporté que l’Iran avait lancé une autre salve de drones et de missiles contre les Émirats et le Koweït en réponse à l’attaque de Lavan, tout en notant qu’il n’y avait alors aucune confirmation officielle de l’identité de l’auteur de la frappe
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Trois risques se dessinent :
La réponse la plus nette est : l’attaque est documentée, l’attribution aux Émirats reste rapportée mais non confirmée. Les déclarations iraniennes et les médias d’État iraniens soutiennent l’existence de l’attaque contre l’île de Lavan . L’affirmation selon laquelle les Émirats arabes unis l’auraient menée repose sur des articles ultérieurs citant le Wall Street Journal, qui précisent aussi qu’Abou Dhabi n’a pas reconnu publiquement l’opération
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Si cette attribution était confirmée, il s’agirait d’une escalade considérable : un État du Golfe frappant directement une infrastructure énergétique iranienne en pleine période de tension. En attendant, il faut traiter cette information comme sérieuse, mais encore non établie officiellement — et comme un signal supplémentaire de la fragilité de l’équilibre sécuritaire dans le Golfe.