Le changement le plus important est l’introduction d’un système multipreuve combinant deux mécanismes : un prouveur TEE, pour Trusted Execution Environment, et un prouveur ZK, pour zero-knowledge proof ou preuve à connaissance nulle. D’après les informations publiées, Azul permettrait de finaliser des propositions avec l’une ou l’autre preuve, et de réduire la finalité des retraits jusqu’à un jour lorsque les deux concordent.
Pour l’utilisateur, l’intérêt le plus visible ne sera donc pas forcément une baisse immédiate des frais. Le vrai sujet est plutôt le temps d’attente lorsqu’on retire des fonds de Base vers Ethereum L1 ou lorsqu’on utilise des bridges et des protocoles DeFi. CryptoRank présente d’ailleurs Azul comme une mise à niveau liée à la sécurité des L2 Ethereum et au risque de bridge dans la DeFi.
Base est le Layer 2 Ethereum développé par Coinbase. Dès son lancement, Coinbase l’a décrit comme un environnement sécurisé, peu coûteux et favorable aux développeurs pour créer des dapps, tout en insistant sur l’idée d’un réseau conçu comme un « bridge, not an island » : un pont, pas une île. Autrement dit, Base n’a pas vocation à être un silo fermé, mais une couche qui dialogue avec Ethereum et d’autres réseaux.
C’est dans ce contexte qu’Azul devient important. Si les utilisateurs veulent passer de Base à Ethereum L1, ou déplacer des actifs entre différentes couches, la rapidité et la fiabilité de la finalité comptent autant que le coût de transaction. Base Engineering Blog indique qu’Azul est la première mise à niveau construite sur la nouvelle fondation technique de Base, avec pour objectif de rendre le réseau plus sûr, plus performant et plus simple pour les développeurs.
Azul repose sur deux familles de preuves. La première utilise un TEE, c’est-à-dire un environnement d’exécution de confiance. La seconde utilise des preuves ZK. MEXC et BingX décrivent cette combinaison comme un élément central de la progression de Base vers la Stage 2 decentralization, un niveau plus élevé de minimisation de la confiance pour les L2 Ethereum.
Une preuve ZK permet, en principe, de vérifier cryptographiquement qu’un lot de transactions est correct sans demander aux validateurs de réexécuter tout le lot. Dans Azul, cette logique est associée à un prouveur TEE afin de ne pas dépendre d’un seul mécanisme de preuve.
Deux règles sont particulièrement importantes. D’abord, une proposition pourrait être finalisée soit par la preuve TEE, soit par la preuve ZK. Ensuite, en cas de conflit entre les deux, la preuve ZK serait prioritaire sur la preuve TEE. Cette hiérarchie donne une indication claire : Azul cherche à combiner rapidité opérationnelle et vérification cryptographique, tout en prévoyant ce qui se passe si les preuves divergent.
Sur un L2, l’expérience utilisateur ne se limite pas au clic qui envoie une transaction. Le moment sensible arrive souvent lorsqu’il faut récupérer des fonds sur Ethereum L1 ou passer par un bridge. Coinbase avait justement présenté Base comme un réseau donnant un accès facile et sécurisé à Ethereum L1, aux autres L2 et à d’autres écosystèmes.
Avec Azul, lorsque les preuves TEE et ZK concordent, la finalité des retraits pourrait être réduite jusqu’à un jour. La finalité des retraits désigne le délai après lequel un retrait depuis le L2 vers une autre couche est considéré comme définitivement confirmé. Pour les utilisateurs DeFi, les traders qui déplacent des fonds entre plateformes, ou les personnes qui utilisent régulièrement des bridges, ce délai peut faire une vraie différence.
Il faut toutefois lire la formule « jusqu’à un jour » avec prudence. Elle dépend de la condition indiquée dans les rapports : les deux preuves doivent être d’accord. De plus, l’activation sur le mainnet vise le 13 mai 2026, ce qui signifie que les performances réelles devront être observées après le déploiement effectif.
Azul est présenté comme une étape importante vers la Stage 2 decentralization de Base. Cela ne veut pas dire que Base devient instantanément entièrement décentralisé ou totalement trustless. Le point clé est plutôt l’ajout de mécanismes de preuve indépendants, avec l’objectif de réduire progressivement la dépendance à une seule source de confiance.
Base affirme que l’objectif d’Azul est de rendre le réseau plus sécurisé, plus performant et plus facile à construire. Pour les utilisateurs, la réduction possible du délai de retrait est l’effet le plus tangible. Pour les développeurs et les opérateurs d’infrastructure, la conception du système de preuve et sa résilience en production seront tout aussi décisives.
Azul ne se limite pas aux preuves TEE et ZK. Les rapports indiquent aussi que base-reth-node devient l’unique client d’exécution et qu’un nouveau client de consensus, base-consensus, est ajouté. CryptoRank précise également que l’upgrade aligne Base avec les spécifications Ethereum Osaka.
Pour un utilisateur final, ces changements peuvent sembler invisibles : ils ne modifient pas directement l’interface d’un wallet ou d’une application. Mais ils comptent pour la stabilité du réseau, la maintenance du protocole et l’expérience des développeurs. Base présente précisément Azul comme une amélioration de la performance et de la facilité de construction sur le réseau.
L’expression « preuve ZK » est souvent associée à l’efficacité, et certains utilisateurs peuvent donc s’attendre à une baisse immédiate des frais. Mais les éléments disponibles sur Azul mettent surtout en avant la sécurité, la performance, la finalité des retraits, la simplification de l’infrastructure et l’expérience développeur.
Il serait donc prématuré de présenter Azul comme une mise à niveau qui réduira automatiquement les coûts pour tous les utilisateurs. Ce que l’on peut dire avec davantage de certitude, c’est qu’Azul vise à améliorer la manière dont Base prouve, finalise et opère son réseau.
Comme les preuves ZK sont souvent liées à la confidentialité, il est facile de confondre Azul avec un lancement généralisé de paiements privés sur Base. Ce sont deux sujets distincts. MEXC a rapporté que Brian Armstrong, CEO de Coinbase, avait indiqué que Base travaillait sur des transactions privées. SQ Magazine a également évoqué l’utilisation de la technologie d’Iron Fish pour des transferts de stablecoins visant à masquer l’expéditeur, le destinataire et le montant sur une blockchain publique.
Mais Azul, tel qu’il est décrit dans les documents et rapports disponibles, concerne d’abord le système de preuve, la finalité des retraits et l’architecture réseau de Base. Il ne faut donc pas en déduire que toutes les transactions sur Base deviendront privées dès l’activation d’Azul.
Azul illustre une évolution plus large de la concurrence entre Layer 2 Ethereum. Pendant longtemps, la discussion s’est concentrée sur les frais et le débit. Ces critères restent importants, mais ils ne suffisent plus. Les utilisateurs et les développeurs regarderont aussi la vitesse de retrait, la solidité des preuves, le niveau de minimisation de la confiance et la maturité de l’infrastructure.
MEXC a aussi rapporté que Base prévoit de passer de preuves de type optimistic rollup à des preuves de validité ZK en utilisant SP1, un changement qui modifierait en profondeur la manière dont le réseau valide les transactions sur Ethereum. Le même rapport précise toutefois que ce plan est prospectif et qu’il n’est pas encore déployé sur le mainnet.
Cette orientation n’arrive pas de nulle part. Dès 2023, il était déjà rapporté que Base, alors construit sur Optimism Rollup, pourrait à l’avenir s’étendre vers les zk-proofs. De son côté, l’Ethereum Foundation a indiqué poursuivre au premier trimestre 2026 ses investissements dans des domaines comme la cryptographie, les preuves zero-knowledge, la sécurité et la recherche protocolaire.
Pour évaluer Azul au-delà de l’annonce, plusieurs éléments méritent d’être suivis :
En résumé, Base Azul n’est pas seulement une mise à jour technique de plus. Pour les utilisateurs, elle pourrait surtout réduire l’attente lors des retraits et rendre les bridges plus confortables à utiliser. Pour l’écosystème Ethereum L2, elle confirme que la compétition ne se joue plus seulement sur les frais : elle se déplace vers les preuves, la finalité et la minimisation de la confiance. Mais comme toujours avec une mise à niveau de cette ampleur, le vrai test commencera après le déploiement mainnet.